Dans son baromètre DJEPVA de 2022 sur la jeunesse, l’Injep actualise certaines données concernant les discriminations vécues par les jeunes gays et lesbiennes. Ainsi, selon l’institut, 34 % de ces jeunes ont été victimes de discrimination au cours de l’année écoulée, en raison de leur orientation sexuelle, à l’université ou à l’école pour 62 % d’entre elles et eux, dans les espaces de loisirs (58 %) et dans les relations avec les services publics (54 %). Ces chiffres dénotent la persistance de normes hétérosexistes dans toutes les sphères de la vie, mais aussi une plus grande facilité de dénonciation. D’autres enquêtes, réalisées dans le champ scolaire, de la santé ou dans l’espace public, révèlent un net recul des seuils de tolérance des homophobies ainsi que de plus grandes possibilités de dénonciation, notamment via les réseaux sociaux.

Entre nouvelles occasions de dire, de vivre leurs désirs, nouvelles façons d’être en réseau et persistance des discriminations, les jeunes gays ou lesbiennes gagneraient aussi à se défaire d’un acronyme (LGBTQIA+) amalgamant des situations par trop diverses. C’est l’objet de cet article, qui s’attardera sur les spécificités des expériences des collégiennes lesbiennes et des collégiens gays afin de ne pas généraliser l’ensemble des minorités de sexualité et de genre.